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Le poisson dans l’alimentation crue

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On entend souvent parler du poisson dans l’alimentation crue. Alors oui, il est possible de donner du poisson à ses animaux et cela peut même être bénéfique, à condition de respecter certaine règles…

💡 L’essentiel à retenir sur le poisson dans l’alimentation crue :

  • 1 poisson par semaine suffit à couvrir les besoins en oméga-3 ; au-delà, privilégier les poissons pauvres en thiaminase (anchois, lotte, sardine, éperlan, saumon).
  • Certains poissons sont à éviter : les gros prédateurs (thon, espadon) pour les métaux lourds, et les poissons à arêtes dangereuses (silure, anguille, raie).
  • La congélation est indispensable (-20°C pendant 14 jours) : elle élimine les parasites et neutralise le risque lié au saumon du Pacifique.
  • Les chats sont plus sensibles à la thiaminase : mieux vaut leur donner du bar, de la sole, de la limande ou du merlan.
  • Les chiens porteurs de la mutation MDR1 doivent éviter le poisson d’élevage vermifugé à l’ivermectine.

Les nutriments présents dans le poisson

Le poisson est excellent pour nos chiens et chats, s’il est utilisé correctement  :

  • riche en acides gras omega-3 :  afin de prévenir les maladies cardiaques ainsi que l’arthrite ;  
  • riche en acides gras omega-6 :  beauté de la peau et le pelage sains ;
  • vitamines D : favorise l’absorption du calcium ;
  • source de protéines.

Poisson VS huile de poisson 

Dans le cadre d’une alimentation crue d’un chien ou d’un chat, les huiles de poissons sont indispensables pour leurs apports en omega-3.  Mais certains préfèrent donner des poissons entiers pour les raisons suivantes :  

  • Utilisant la cuisson, les solvants dans la fabrication des huiles.
  • Le conditionnement occasionne souvent une oxydation.
  • L’huile est un produit transformé, si nous voulons nous approcher au plus du naturel, le poisson sera meilleur. 

Des friandises naturelles de poisson existent également, comme les peaux de poisson déshydratées, et peuvent être une option intéressante pour bénéficier des nutriments des poissons.

Voici un repère pratique en terme de quantité :

  • Dose d’entretien : environ 1 ml d’huile de poisson (type saumon, sardine ou anchois) pour 5 kg de poids corporel, à donner quotidiennement ou réparti sur la semaine.
  • Pour un chien de 10 kg : environ 2 ml/jour (un peu moins d’une demi-cuillère à café)
  • Pour un chien de 25 kg : environ 5 ml/jour (une cuillère à café)
  • Pour un chien de 40 kg : environ 8 ml/jour

Deux points de vigilance :

  • La fraîcheur avant tout : une huile oxydée (odeur forte, rance) perd son intérêt nutritionnel et peut devenir irritante. Privilégiez les petits conditionnements, à conserver au réfrigérateur une fois ouverts.
  • Introduction progressive : commencez par une demi-dose la première semaine pour éviter tout inconfort digestif, notamment chez les chiens qui n’ont jamais reçu de matière grasse ajoutée.

Poissons d’élevages VS poissons sauvages

Les poissons sauvages contiennent en général plus de poly insaturés, omega-3 mais moins d’omega-6 que les poissons d’élevages. 

2 types de poissons : 

Il existe deux types de poissons : les poissons blancs (taux de lipides se situe entre 1 et 3 %) et les poissons bleus (taux de lipides entre 5 et 15 %) :  

  • Poissons blancs : Bar, Limande, Sole, Joel, Gardon, Goujon, Capelan, Eglefin, Merlan, Merlu. 
  • Poissons bleus : Saumon, Sprat, Anchois, Hareng, Maquereau, Sardine, Truite.
Banc de poissons bleus dans l'océan, source d'oméga-3 pour l'alimentation crue

Les poissons à éviter aux chats et chiens

Les gros poissons prédateurs : thon, espadon, requin, ils se situent en haut de la chaîne alimentaire marine et accumulent au fil de leur vie les métaux lourds (mercure notamment) présents dans les poissons qu’ils consomment. Donnés occasionnellement, le risque reste limité, mais ils ne devraient jamais constituer une base régulière de la ration.

Le panga et les poissons d’élevage intensif en eaux non contrôlées posent un double problème : une eau d’élevage parfois polluée et un profil nutritionnel pauvre en acides gras essentiels comparé à un poisson sauvage ou élevé en conditions maîtrisées. Autant privilégier une source de meilleure qualité.

Le saumon sauvage du Pacifique cru et non congelé mérite une vigilance particulière car il peut héberger un parasite (une douve) porteur d’une bactérie responsable d’une intoxication grave chez le chien, parfois fatale si elle n’est pas traitée à temps.
Bonne nouvelle : une congélation suffisante avant utilisation neutralise ce risque, ce qui rejoint la recommandation générale de toujours congeler le poisson cru destiné à votre animal.

Les poissons à arêtes longues, fines ou pointues : silure, anguille, lotte et raie augmentent le risque de blessure ou de perforation digestive, surtout donnés entiers à un petit gabarit. Si vous tenez à les proposer, mieux vaut les découper soigneusement ou retirer les arêtes concernées.

Dans tous les cas, la congélation reste votre meilleure protection car elle limite à la fois le risque parasitaire et, pour le saumon du Pacifique, le risque bactérien associé.

Combien de rations poissons au BARF ? 

Si vous en avez la possibilité, nous vous conseillons de compléter les repas qru avec du poisson 1 fois par semaine. Si votre animal raffole du poisson, il est possible de donner plus d’une ration par semaine mais nous vous conseillons dans ce cas de donner les poissons suivants (car ce sont des poisons faibles en thiaminase) :  

  • Anchois
  • Lotte
  • Sardine
  • Eperlan
  • Saumon

La congélation du poisson

Afin d’éviter toute contamination par des parasites, suffit de congeler les poissons.  

Une congélation à -20 °C durant 14 jours tuent ces parasites. 

Le poisson dans l’alimentation du chat

Le chat n’est pas qu’un « petit chien » sur le plan nutritionnel, et le poisson mérite un traitement à part pour cette espèce.

Un avantage réel : la taurine. Contrairement au chien, le chat est incapable de synthétiser suffisamment de taurine, un acide aminé essentiel à sa vision et à sa fonction cardiaque. Le poisson entier, en particulier consommé avec ses parties riches en taurine, en constitue une bonne source naturelle, à condition de ne pas trop cuire ni sur-transformer la ration, la taurine étant sensible à la chaleur.

Chat tigré mangeant un poisson entier cru, alimentation BARF

Une vigilance accrue sur la thiaminase. Le chat est historiquement plus sensible que le chien aux carences en vitamine B1 (thiamine) provoquées par une consommation excessive et répétée de poissons crus riches en thiaminase. Les répercussions neurologiques d’une carence sont plus rapides à apparaître chez le chat du fait de sa petite taille. Il est donc d’autant plus important, pour cette espèce, de privilégier les poissons faibles en thiaminase comme le bar, la sole, la limande ou le merlan.

Le format compte. Un chat gère plus difficilement un poisson entier de grande taille qu’un chien. Privilégiez de petits poissons entiers (type sprat, anchois) ou des morceaux découpés, plus adaptés à sa mâchoire et à son mode d’alimentation naturel en petites prises fréquentes.

Les chiens atteints de MDR1 et le poisson. 

La mutation du gène MDR1 touche en général les chiens de race Colley, Berger des Shetland, Berger Australien, Border Collie, Berger Blanc Suisse, … 

Il s’agit d’une mutation touchant le gène MDR1. Le gène MDR1 code pour une protéine située au niveau de la barrière hémato-méningée. Lorsque le gène MDR1 est affecté, cette protéine est inopérante voire absente et certains médicaments vont donc s’accroitre au niveau du système nerveux. 

Les chiens dépistés MDR1-/-, doivent éviter de manger du poisson d’élevage, à cause de la molécule utilisé pour vermifuger de ce type de poisson. En effet, les chiens MDR1 -/+ et -/- sont sensible à certaines molécules. L’ivermectine utilisée dans une grande majorité des vermifuges appartient à ces molécules 

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Marie Odin est responsable communication marketing chez qru
Responsable communication chez qru à 

"Diplômée en communication scientifique, je travaille dans la communication depuis plus de 15 ans, notamment dans le secteur de la nutrition. J'ai rejoint qru il y a 3 ans pour aider à rendre le BARF et la nutrition animale plus accessibles. À mes côtés, Milo, son staffie de 5 ans, reste ma plus belle source d’apprentissage."

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